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Modes d'enseignement

Les différents modes d’enseignement se déploient :

- dans les ateliers, les pôles techniques et la bibliothèque, dans le cadre du travail personnel ou sous la forme de l’entretien individuel ou collectif ;
- dans les deux amphithéâtres, lors des cours magistraux et des conférences et séminaires ;
- dans les salles de cours et ateliers, dans le cadre de séances de travail et de séminaires ;
- dans les galeries de l’école, pendant le temps des expositions et des présentations de travaux.

Les équipements technologiques sont très importants en nombre et en qualité. Ils sont très largement à la hauteur de ceux des designers et professionnels, et sont renouvelés en partie chaque année dans une perspective d'acquisition de compétences actualisées. Toutefois, la maîtrise des outils ne saurait être une finalité ; ceux-ci sont au service du projet et de la recherche de l’étudiant où la relation forme/contenu est sans cesse interrogée.

Si elle a recours à la plupart des modes d’enseignement canoniques en école d’art et design, l’une des spécificités de la formation tient à l’articulation étroite qu’elle établit entre deux modes particuliers d’enseignement collectif fortement investis : le séminaire et l’atelier. Le modèle est à cet égard celui de l’ARC (Atelier de recherche et de création), sous l’intitulé duquel les écoles d’art nomment l’articulation de la recherche et de la production.

Le séminaire

Dans les deux mentions, le séminaire occupe une place littéralement primordiale. Généralement commun, mais pouvant être aussi spécifique à une mention, susceptible d’être nourri par des conférences propres ou des interventions extérieures, il constitue un temps de recherche collective sur des questions relatives à la typographie, l’édition ou l’exposition. Le plus souvent couplé à un atelier, il se déroule généralement sur quatre semestres. Son objectif n’est pas de faire des étudiants les spécialistes d’une question théorique, mais de les conduire à envisager l’investigation théorique comme une forme privilégiée de réflexion sur leur propre pratique — sur ses enjeux contemporains comme sur son histoire — et comme un moyen de nourrir un projet. En design graphique, il donne lieu à l’élaboration et l’exploration collective d’une bibliographie de références sur le sujet traité et s’accompagne de la rédaction de notices et de comptes rendus oraux réguliers.

Le séminaire Corpus Vulgarismus (2014-2016) s'adresse par exemple aux étudiants des deux mentions et s'intéresse aux modalités éditoriales et d’exposition de la diffusion scientifique du XVIIIe siècle à nos jours.

De l'Encyclopédie à Wikipédia, des revues de sciences populaires au Whole Earth Catalogue, des traités d'astronomie de Camille Flammarion à Tout l'Univers, la conception de la diffusion de la science n'a cessé d'évoluer. Elle a donné lieu à différents avatars – vulgarisation, transmission, science populaire, accès, médiation – qui tous s'appuient sur une croyance en la valeur intrinsèque du savoir scientifique, mais aussi sur une figure à chaque fois spécifique des publics (profanes, éclairés) à l'égard desquels elle développe une politique variable.

La diffusion scientifique s'est également traduite dans des pratiques variées, allant de la mise en spectacle de la science à des gestes éditoriaux en passant par les expositions universelles, autant de possibilités de mise en forme de contenus scientifiques qui ont favorisé l'émergence de nouveaux régimes de savoir.

Expographie (2014-2015) est un séminaire propre au design d’espace qui prend la forme d’un temps de partage, de discussions, de présentation et de réflexion sur les enjeux de la scénographie d'exposition contemporaine. Il vise à étudier à travers des thématiques (expositions universelles, la reconstitution au musée/expositions didactiques, les nouvelles technologies, la diffusion sonore…) et l'analyse d'exemples (études de cas, visites) différents aspects de ce qui se joue dans la mise en espace d’un contenu, afin d’en constituer une approche critique.

Le séminaire se déploie à partir de séances composées d'une présentation des enseignants et d'exposés des étudiants. Quelques-unes font aussi l'objet d’invitations de personnalités extérieures.

L’atelier

Les dimensions du projet et du collectif étant fondamentales, aussi bien dans la pédagogie en école d’art que dans le champ du design, la formation s’appuie fortement sur le mode de l’atelier, entendu comme espace/temps d’élaboration de projets collectifs ou individuels. Visant à mettre en œuvre un projet étayé sur un travail de recherche préalable ou à tester certaines hypothèses, il est généralement articulé à un séminaire, commun ou spécifique à une mention, et combine des moments de recherche individuelle et des temps de travail collaboratif. Il s’attache aussi à privilégier autant que possible les expérimentations et les réalisations à échelle 1, en s’appuyant notamment sur des partenaires extérieurs.

En design d’espace, l’atelier est orienté vers la mise en exposition de contenus. Développant un aspect particulier du séminaire Expographie, l’atelier Espaces augmentés (2014-2016) s’intéresse ainsi aux enjeux et effets du développement des technologies de l’information sur la mise en exposition des savoirs. L’atelier met l’accent sur la façon dont ce nouveau paradigme transforme notre rapport au récit, au parcours, au savoir ou à la rencontre des œuvres, à travers les questions de technomagie, de gaming, de réalité augmentée, d’interactivité et d’internet des objets. Il s’attache à explorer les voies par lesquelles le designer peut s’approprier les différents outils afférents pour les utiliser sans se laisser déborder par la technophilie ambiante. Une partie réflexive et documentaire vient nourrir une mise en forme spécifique et des expérimentations à échelle 1, afin de tester les hypothèses en association avec le Common's Lab et le Muséolab/centre Érasme.

C’est dans ce cadre scientifique et collaboratif qu’a été initié pour la période 2014-2016 un programme de recherche sur les modes de mise en scène des objets ethnographiques dans les musées. Les propositions sont articulées au projet « Vivants objets », piloté par l’École Normale Supérieure Lettres et Sciences humaines de Lyon, qui vise à se matérialiser dans une exposition collaborative et transdisciplinaire conçue à partir d’une sélection des objets rapportés par la célèbre mission Dakar/Djibouti de 1931, la Station Recherche Scénographique.

À partir de l’observation et de l’analyse des modes de contextualisation historique et actuelle dans le cadre précis de l’exposition des objets ethnographiques, il s’agit d’étudier les éléments constitutifs et les différents parti-pris qui ont donné forme aux expositions de ce type pour mieux interroger les modalités d’exposition contemporaines du fait culturel.

L’entretien individuel

Dans le cadre d’une pédagogie de projet, l’entretien individuel, correspondant à la situation du face à face étudiant/professeur avec nombre de variantes possibles (un étudiant et un professeur, deux étudiants et un professeur, un étudiant et deux professeurs, etc.), constitue un des dispositifs majeurs des enseignements. L’entretien avec le professeur designer a lieu dans l’atelier à l’appui des travaux et documents de travail de l’étudiant. L’entretien avec le professeur théoricien a lieu en salle de travail de la bibliothèque à partir des éléments de dossier et documents textuels et images de l’étudiant. C’est au cours de l’entretien individuel que sont abordées dans le détail, selon un principe d’accompagnement personnalisé, les questions de méthodologie, de technicité et de production, d’analyse conceptuelle, culturelle et historique inhérentes au travail de designer qui permettent le développement de la recherche et de la création de l’étudiant et la mise en place de sa démarche d’auteur.

Le cours magistral

Histoire des arts et des idées, histoire et théorie du design, les cours magistraux en amphithéâtre communs aux deux mentions sont essentiels à la mise en place théorique, historique et conceptuelle du travail de l'étudiant. En deuxième cycle, ces cours se développent sur une ou deux années à partir d’une thématique précise et donnent à l’étudiant des repères spécialisés autour de l’histoire des disciplines mais aussi en sciences humaines (histoire culturelle & cultural studies, histoire matérielle, histoire et sciences politiques).

2013-2014 : « Expositions et textes, deux pratiques pour le design au XXe siècle ».
2015-2017 : « Fictions, mythes et utopies sous le régime du design et des arts appliqués 1880-2012 ».

Des textes en français et en anglais sont analysés et distribués, ils forment un ensemble traitant spécifiquement des relations entre activités théoriques (textes et traités disciplinaires du XIXe siècle à nos jours essentiellement) et projets des designers, et nécessitent une pratique avancée de l’anglais.

La conférence

Un cycle hebdomadaire de conférences sous la responsabilité d’un professeur, est programmé en amphithéâtre, le mercredi à 17h. Sa programmation est pluridisciplinaire, en relation directe avec les enseignements, parfois prolongeant le temps d’un atelier ou d’un workshop. Il s’agit d’une structure de « travail de la parole » : artistes, designers, philosophes, écrivains, cinéastes y viennent partager leurs pratiques de créateurs.

La parole de l’intervenant peut relever du commentaire, de la recherche théorique ou de l’expérience artistique, littéraire, etc. L’image projetée ou diffusée peut jouer le rôle de support, de complément ou de lanceur.

Les conférences sont ouvertes à tous les étudiants et personnels de l’école. Tous les enseignements sont interrompus afin de permettre la participation de l’ensemble des étudiants et des enseignants de l’école, toutes options et années confondues.
Elles font toutes l'objet d'un enregistrement numérique et d'une édition de dvd consultable en bibliothèque.

Les conférences spécifiques

Dans la mesure où les conférences proposées dans le cadre du cycle sont majoritairement orientées art, la formation organise aussi, généralement dans le cadre des séminaires et ateliers, ses propres conférences, plus spécifiquement à destination de ses étudiants.

Le workshop

Les workshops font partie intégrante des enseignements et font l’objet de l’attribution de crédits ECTS (European Credits Transfer System) obligatoires ou optionnels selon les cas.

Ils s’articulent autour d’une ou plusieurs interventions extérieures : des artistes, designers, architectes, théoriciens ou critiques sont régulièrement invités en ce sens.

Les workshops peuvent aussi être construits sur la base d'un partenariat entre un enseignement donné dans l’école et une (ou plusieurs) structure extérieure : universités ou autres écoles, institutions publiques ou privées...

Les workshops représentent un moment de travail intensif et collectif dans la vie de l’étudiant, où celui-ci se trouve confronté à une théorie, une pratique, un processus ou un contexte de travail spécifique en fonction des personnalités invitées et des territoires abordés.

L’atelier de langue étrangère

L’enseignement de l’anglais en deuxième cycle est assuré par deux professeurs artistes de nationalité et langue anglaises dans le cadre d’un atelier où les séances de travail sont fortement individualisées. En termes d’objectifs, il s’agit essentiellement pour l’étudiant de maîtriser la présentation de sa démarche personnelle et la présentation de ses travaux ou projets à l’écrit comme à l’oral. Une bonne connaissance de la langue anglaise appliquée au domaine du design est un prérequis. Par ailleurs, le professeur d'anglais est associé au séminaire « Mémoire » pour les étudiants de quatrième année des deux mentions design d'espace et design graphique, dirigé par Catherine Geel et Catherine Guiral.

Mutualisations

Un certain nombre de cours et enseignements sont transversaux, mutualisés ou simplement ouverts aux étudiants des autres filières. Ils s’adressent ainsi simultanément aux étudiants de l’option art et aux étudiants de l’option design, favorisant ainsi les croisements :

les ARC (Ateliers de Recherche et de Création) ;
le Common's Lab ;
les workshops d'initiation aux situations interactives ;
les cours théoriques tels que l’Histoire des arts et des idées, Esthétique, Histoire de l’art contemporain.

Les enseignements dispensés au sein des pôles techniques et technologiques sont également communs.

Olivier Vadrot intervient sur les bancs d'utopie de Francis Cape au Familistère de Guise.
Clara Levieuge, DNSEP Design d'espace 2016 avec mention
Visite du Museolab/Erasme, 2016.
Visite du Museolab/Erasme, 2016.